Offrir un album de vie à Brasero pour chaque jeune qui passe entre nos murs est indispensable pour laisser des traces de leur passage chez nous.
Ce constat a été fait en équipe. Nous travaillons depuis plus d’un an avec un groupe de jeunes. Certains nous ont déjà quittés. Or, nous accumulons des photos souvenirs de multiples moments passés ensemble: Activités, cuisine, camps, jeux …
Nous nous devions de construire un projet d’équipe propre à Brasero face à ce besoin vital de continuité et de mémoire pour les jeunes accueillis.
L’ancrage théorique : pourquoi les traces fabriquent-elles l’identité ?
L’identité d’un enfant repose sur ce que Paul Ricœur nomme l’identité narrative : la capacité à relier son passé, son présent et son futur en un récit cohérent.
-
L’amnésie du placement : Dans le cadre familial, l’album photos certifie l’existence et l’affection reçue (« j’étais là, j’ai grandi »). En institution, la rupture du cadre de vie prive souvent le jeune de ses archives intimes, réduisant parfois son passé à des rapports administratifs froids.
-
Le sentiment continu d’exister : Selon Donald Winnicott, l’enfant a besoin d’un miroir soutenant pour vivre le temps sans angoisse de morcellement. Fixer des traces concrètes permet de lutter contre le vide biographique et l’amnésie de l’enfance.

Notre projet « Fil rouge » : la mémoire vivante à Brasero !
L’équipe s’engage à créer un album souvenir annuel avec chaque jeune. Nous construisons dès maintenant un rituel d’élaboration de cet album souvenir à charge de son référent éducatif comme un acte de soin et de reconnaissance. Nous allons l’inscrire dans notre projet institutionnel qui transforme un coût matériel en un étayage clinique et éducatif majeur :
Un regard bienveillant incarné : À travers les clichés du quotidien (anniversaires, réussites scolaires, sorties), le référent dit à l’enfant : « Je te vois, ton quotidien a du prix, ton histoire compte ».
Un ancrage pour l’après : À sa sortie, le jeune quitte Brasero avec un témoignage visuel, digne et chaleureux de son passage entre nos murs, consolidant son estime de soi.
Un moment privilégié: Le temps pris avec le jeune est aussi un moment clé de sa construction. Il choisit ses photos, les illustres par un dessin, colle un autocollant, discute avec son éducateur référent et coconstruit son histoire de vie comme un cahier de scrapbooking en n’y partageant son énergie, développant son sens du beau et accumulant les traces.
Chaque projet est lié au coût qu’il implique et vos dons sont utilisés afin d’alimenter l’ensemble de nos projets dont le cahier de souvenir, afin de construire un avenir meilleur pour nos jeunes.